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See yuh soon

Love and Protection

# Posté le lundi 28 août 2006 17:01

:: Angela Davis ::

:: Angela Davis ::
Angela Davis


Interview d'Angela Davis

Mercredi 11 janvier 2006, par Charlie

Aux cotés de Malcom X et Martin Luther King, Angela Davis est une figure du mouvement Noir américain. Elle adhère au Parti Communiste vers 18 ans et devient membre des Black Panthers en 1967. Militante révolutionnaire, se battant pour l'égalité des noirs et des blancs mais également pour l'émancipation des travailleurs, elle comprend très vite que seule l'unité des mouvement sociaux et politiques entre blanc et noir, homme et femme permettra de combattre la classe dirigeante. C'est cette compréhension qu'elle paiera en étant condamnée à mort en 1972. C'est une mobilisation d'une ampleur internationale qui permit sa libération. Aujourd'hui, elle est toujours militante des luttes sociales et politiques aux États-Unis.
Quel regard portes-tu sur la révolte des jeunes des banlieues populaires en France ?
Elle a de grandes similitudes avec les révoltes qui se produisent dans les ghettos aux Etats-Unis. Les dernières émeutes importantes ont eu lieu en 1992 à Los Angeles et étaient basées sur le même sentiment de frustration chez les jeunes noirs américains. On s'aperçoit le racisme y est pour beaucoup. Aux Etats Unis comme en France ces « troubles » ont les mêmes origines et nécessitent le même type de réponse même si des différences existent, du fait des histoires différentes des ghettos US et des banlieues françaises. Les jeunes exigent du changement social et la fin de la « ghettoïsation » et des discriminations envers les communautés de l'immigration post-coloniale. Aux USA, c'est la fin d'un système issu de l'esclavagisme qui est demandé par les jeunes des ghettos.
Ces révoltes ne sont pas isolées de la lutte globale que des millions de gens mènent tous les jours. Comme la situation économique, politique et sociale, dans les quartiers populaire est une conséquence directe des politiques du FMI ou de la Banque Mondiale, les révoltes spontanées de nos frères des quartiers sont aussi une réponse à ces politiques.
Comme les dirigeants ont une stratégie globale pour contrôler le monde, nous devons nous aussi en développer une et la révolte des ghettos doit en faire partie.
Ce que montre toutes les révoltes qui prennent la forme d'émeutes c'est la faiblesse des directions politiques. Lors des émeutes de Watts, en 1965 aux USA, c'était extrêmement clair pour n'importe quel Noir américain qui participait au mouvement des droits civiques de près ou de loin depuis plusieurs années. Ces émeutes avaient eu une issue positive avec la création du Black Panthers Party, en 1966, qui était un outil pour tous ceux qui voulait se servir de leur frustration comme d'une arme politique.
Tu as passé du temps en prison dans les années 70 et aujourd'hui, tu t'engages particulièrement dans la lutte contre le système de détention et la peine de mort aux USA. Quelle est ton analyse à ce sujet ?
C'est le sujet de mon prochain livre, notamment à partir du Patriot Act. L'industrie d'armement et les institutions militaires sont des éléments centraux de l'économie américaine, en liaison avec les entreprises, les médias, les élus et la haute hiérarchie militaire. Là-dedans, les prisons sont devenues une donnée essentielle de l'économie américaine.
Aux USA, il y a 2 millions de personnes emprisonnées, c'est donc bien une politique volontariste d'enfermement qui sévit. Cela rentre dans un fonctionnement économique et politique complexe mais qui se construit depuis longtemps et qui est issu du système esclavagiste où l'on privait les gens de leur liberté pour exploiter leur force de travail. La punition et la privation de liberté sont des armes historiques aux Etats-Unis, tant sur le plan économique qu'idéologique. Cela permet de développer la peur, la normalisation des esprits et le racisme. Aux USA, on peut parler de « complexe industrialo-cancéral ».
Au niveau international, la politique américaine est aussi largement basée sur ce concept de punition, d'écrasement : la politique de torture à Abu Ghraib ou Guantanamo est directement issue de la gestion intérieure des prisons US et de la politique intérieures des USA en matière de racisme.
La place de l'industrie carcérale devient de plus en plus importante dans l'économie mondiale. A travers elle et grâce à elle, c'est toute une idéologie qui est prise comme modèle et c'est face à cela qu'il faut construire un grand mouvement contre celui qui l'incarne : Bush. La guerre contre le terrorisme qu'il a lancé a été un tremplin pour développer cette politique et cette idéologie mais, aujourd'hui, après les révélations que Katrina a permis sur le racisme, le tout-sécuritaire et la chasse aux pauvres, cet homme est très affaibli. Nous devons continuer.
Tu parles de l'esclavagisme comme d'une logique économique et idéologique encore dominante aux USA. Quel est ton avis au sujet de la loi du 23 février 2005 qui réhabilite, en France, le colonialisme ?
Le racisme monte. Aujourd'hui, vous êtes sous Etat d'urgence et, je me souviens de ce que cela signifiait en 1961, alors que j'étais à Paris pour mes études : les Algériens étaient victimes d'un racisme qui m'avait fait pensé au système ségrégationniste américain. Dire aujourd'hui que la colonisation ait pu avoir un rôle positif est abject et raciste. Malheureusement, ce que cela montre c'est que la poussée de l'extrême droite est aussi une réalité en France et pas seulement aux USA. De plus, toute la politique française semble empreinte de racisme, c'est une question qui va être importante à résoudre pour tous ceux qui veulent un changement social.
Stanley « Tookie » Williams a été exécuté par injection lundi dernier (12/12 ndlr) en Californie. A tous ceux qui demandaient sa grâce, Schwarzenegger, gouverneur de l'Etat, a déclaré qu'il ne pouvait gracier un homme qui avait dédié ses mémoires à des gens comme Angela Davis, Georges Jackson, Malcolm X, Nelson Mandela, etc... Après une telle déclaration, l'exécution de Tookie Williams devient un véritable acte politique contre le mouvement Noir, non ?
Cette exécution m'a énormément touchée. Depuis que Tookie a été condamné à mort, en 1981, une grande campagne de solidarité s'est développée aux USA. J'étais à la prison lundi et j'ai assisté à la déclaration de Schwarzenegger. C'est la première fois qu'un condamné est exécuté alors qu'une telle campagne a été menée. Nous ne pensions pas qu'ils feraient l'injection parce que le cas de Tookie a relancé la polémique sur la peine de mort. La fin de sa déclaration disait qu'il ne pouvait gracier quelqu'un qui prônait la violence comme programme politique. La peine de mort s'est révélée comme l'outil politique violent qui sert de réponse aux problèmes de la société que soulevaient, concrètement et symboliquement, Tookie.
C'est effectivement un acte politique de la part de Schwarzenegger contre le mouvement international pour la libération noire et son histoire surtout qu'il a également cité Nelson Mandela. Schwarzenegger l'a cité comme une personne dont on ne peut parlé comme un héros alors que cet homme est un héros pour la majorité des peuples du monde entier. En citant Mumia Abu Jamal et d'autres personnes qui incarnent aujourd'hui l'insoumission, il fait un procès à toute la résistance à sa politique qui est la même que celle de Bush. C'est là qu'il montre le lien qui existe entre la peine de mort et la guerre contre le terrorisme.
Tu te définis comme une militante féministe. Que signifie être féministe aujourd'hui et quelles sont les tâches actuelles du mouvement féministe ?
Ce sujet me tient beaucoup à coeur. Mais je te préviens, ma définition du féminisme n'est pas très conventionnelle. Je vois le féminisme comme un outil, pas seulement pour aborder les questions femme mais pour aborder toutes les questions politiques sans être déterminé par les frontières idéologiques établies par le système capitaliste. Par exemple je n'ai aucune lutte ou analyse commune à développer avec Condolezza Rice qui est pourtant une femme noire comme moi. Pour moi, il faut penser ensembles le genre, la race, la sexualité et la classe. Il ne faut pas considérer comme séparés dans les luttes, les problèmes des hommes et ceux des femmes.
Le féminisme est pour moi un outil d'analyse qui me permet, par exemple, de faire le lien entre la peine de mort aux USA et la guerre contre le terrorisme. De considérer le rôle des femmes comme le même que celui des hommes et surtout de nous sortir des schémas du système qui nous pousse à nous identifier à une catégorie sexuelle, raciale ou autre qui ne permet pas de résoudre la contradiction dans laquelle je suis face à Condolezza Rice. Logiquement, et c'est une bataille féroce dans le mouvement féministe, je suis contre les schémas du féminisme se réclamant de l' »universel », de la lutte dans l'intérêt de toutes les femmes. En effet, dans ces cas là, « universel » veut dire « blanche » et, cela n'est donc absolument pas universel.
Je puise cette analyse dans le mouvement féministe historique et surtout dans le marxisme. Mon objectif est de construire le socialisme et le marxisme est l'outil qui permet cela dans la vie et les luttes de tous les jours.
Aujourd'hui encore, interviewer Angela Davis est un événement pour n'importe quel militant parce que tu fais encore partie, après des années et des années, du camp de ceux qui luttent contre ce système. Quel est ton moteur ?
Je ne suis pas une icône, je suis comme n'importe quel individu qui lutte mais, si une image me colle à la peau c'est celle du mouvement Noir. Si c'est ça qui fait d'une rencontre avec moi un événement alors c'est que la lutte que nous avons menée pendant des années est toujours une inspiration pour la jeunesse d'aujourd'hui et que nous n'avons rien fait en vain.
C'est cette jeunesse qui est mon vrai moteur depuis des années. Ça l'a toujours été, même lorsque j'étais jeune moi-même. Aujourd'hui, on assiste à une grande effervescence intellectuelle et politique chez une jeunesse qui réinvente des stratégies originelles et créatrices pour changer le monde, c'est ça qui me porte. Cette jeunesse veut changer le monde et le socialisme a besoin de ces luttes pour se construire. Mon objectif n'a pas changé et la jeunesse est plus révoltée et plus créative que jamais. C'est elle qui me permet de continuer à avancer.
Propos recueillis par Sarah [Saint Denis]




source : http://jcr.apinc.org/article.php3?id_article=1480

# Posté le lundi 07 août 2006 20:45

Modifié le lundi 07 août 2006 20:55

:: Black Panthers ::

:: Black Panthers ::
Black Panthers



La naissance des "Black Panthers"

Les principaux acteurs :

Bobby Seale (né le 22 octobre 1936) est le co-fondateur du "Black Panther Party" pour l'autodéfense.

Eldridge Cleaver (1935-1998) est devenu l'un des "Panthers" les plus connus.

Little Bobby Hutton (1950-1968) fut le premier à rejoindre le parti nouvellement crée. Il mourut en 1968 dans le cadre du "Cointelpro" (il était âgé de 17 ans).

Stokely Carmichael (1941-1998) fut celui qui inventa le terme "Black Power".

David Hilliard fut impliqué dans toutes les activités majeures en tant que responsable du staff du Black Panther Party.


Hoover (1895-1972) & le FBI. Hoover déclara que les "Panthers" représentaient "la plus grande menace existante pour la sécurité intérieure des Etats-Unis" ; Hoover fut l'un des hommes les plus puissants des Etats-Unis et fut président du FBI pendant 48 ans de mai 1924 jusqu'à sa mort le 2 mai 1972. Il fut craint de tous les présidents qui se succédèrent à la Maison-Blanche pendant son règne.

Fred Hampton fonda la section "Black Panthers" de la ville de Chicago en 1968 à 20 ans. Charismatique et dévoué à la communauté noire de Chicago, il mis en place des actions sociales telles que les petits déjeuners et les soins médicaux gratuits pour les enfants défavorisés de la ville de Chicago. Exécuté dans son sommeil par le FBI dans le cadre du "Cointelpro" au cours de l'année 1969.

Le "Black Panther Party" pour l'autodéfense est crée en octobre 1966 par Huey Newton et Bobby Seale.

S'inspirant de Malcolm "X", se réclamant également du marxisme et du maoïsme, les "Panthers" croient à l'existence d'une classe de travailleurs dont l'unité dépasse les barrières de la couleur et s'allient avec d'autres groupes ou organisations représentant les minorités et les organisations révolutionnaires blanches. Leur programme en 10 points comporte une série de revendications politiques et sociale et réclame le droit à l'autodéfense.

Le 25 avril 1967, le premier exemplaire de "The Black Panthers", le journal du parti est distribué. Le mois suivant, les Panthers défilent dans les rues de Los Angeles afin de protester contre la tentative d'interdiction par l'Etat du port d'armes en public. Bobby Seale lit une déclaration de protestation. La police réagit aussitôt en l'arrêtant ainsi que 30 autres "Panthers".

En octobre 1967, Huey P Newton est arrêté pour avoir tué un policier d'Oakland. Eldridge Cleaver et les autres "Panthers" entament le mouvement "free Huey" qui leur demandera beaucoup d'énergie au cours des années suivantes, alors que le parti s'enracine en s'alliant avec divers groupes révolutionnaires.


C'est au cours de cette politique d'alliance que Stokely Carmichael est recruté par les "Panthers". Partisan du "black power", Carmichael est contre le fait que des blancs participent au "mouvement de libération des noirs" car ils "n'ont pas le même vécu que les noirs et ont un effet intimidant sur ceux-ci". Sa prise de position suscite des dissensions au sein des "Panthers". Au début de l'année 1968, après avoir vendu le livre rouge de "Mao" à des étudiants d'université afin d'acheter des armes, les "Panthers" rendent sa lecture obligatoire au sein du parti.

Pendant ce temps, le FBI sous la direction de J Edgar Hoover prépare un programme appelé Cointelpro (Counter Intelligence Program) qui a pour but de briser l'unité qui se répand entre les groupes révolutionnaires qui prennent exemple sur les "Panthers". Le FBI commencera un programme d'assassinats, suivi d'arrestations de masse et d'une guerre psychologique destinée à saper les "Panthers" et à les diviser.


Les trois années qui suivent sont dévastatrices pour les panthers. Le 6 avril 1968, un des "black panthers", Bobby Hutton, qui n'est âgé que de 17 ans et qui n'est pas armé est tué par la police au cours d'une fusillade.

En janvier 1969, le premier petit déjeuner gratuit mis en place par les panthers est lancé à Oakland. A la fin de l'année, les panthers ont nourri 10 000 enfants dans différentes villes du pays en leur offrant un petit déjeuner gratuit chaque jour avant qu'ils n'aillent à l'école.


A Chicago, Fred Hampton, le charismatique leader des panthers locaux dirige plusieurs programmes de mise en place des petits déjeuners, aide à créer un centre de soins médicaux gratuit, et lance un programme médical de porte à porte pour dépister l'anémie à hématies falsiforme, premier programme du genre dans le pays. Les actions de Hampton rencontrent un écho favorable auprès de la population et le nombre de membres de la section de Chicago augmente.

Le 4 décembre 1969 à 4 heures du matin, grâce aux informations d'un "indic" du FBI qui a infiltré les panthers de Chicago et qui est devenu le responsable de la sécurité de Fred Hampton, la police de Chicago lance un assaut sur l'appartement des panthers de Chicago. Hampton est assassiné dans son sommeil. Mark Clark, un autre panther est également assassiné dans son sommeil. Quatre panthers dormant dans le même appartement sont blessés. Hampton avait 21 ans lors de son exécution, Mark Clark 17 ans. 90 balles furent retrouvées dans l'appartement, une seule avait été tirée par un panther. Aucun policier ne fut inquiété alors que tous les panthers qui avaient survécu à l'assaut furent arrêtés pour tentative de meurtre.

Au cours de l'été 69, l'alliance entre les panthers et un autre groupe, le SNCC (Student Nonviolent Cordinating Comittee) commence à voler en éclats. Un des points de désaccord porte sur l'inclusion des "blancs" dans le combat de libération des minorités. Cette dispute conduit à un affrontement armé à l'université de Californie à Los Angeles au cours duquel deux panthers trouvent la mort.

En septembre, Huey Newton est condamné reconnu coupable de meurtre et condamné à 2 à 15 années de prison (il sera finalement libéré en 1970 pour vice de procédure).

Entre temps, en Novembre 1968, Catherine et Edlridge Cleaver ont fui les Etats-Unis et s'installent à Alger (après être passés par Cuba et Paris). Le Black Panther Party, bien que menacé par le FBI voit son audience croître (5000 membres et 45 succursales) ; le journal du parti s'écoule à plus de 100 000 exemplaires.


En 69, Seale est arrêté et condamné à 4 ans de prison. En mars 1970, alors qu'il est toujours emprisonné, il publie "Seize The Time", l'histoire des panthers et de Huey Newton. Au cours de l'année 1970, 38 militants sont tués lors de raids organisés par les polices locales. Quelques mois plus tard, Geronimo Pratt, un des membres les plus en vue du Black Panther Party de Los Angeles est arrêté pour le meurtre d'une femme blanche alos que selon de multiples témoignages, il assistait à une réunion de son organisation à Oakland. Il sera finalement libéré en 1998 après avoir passé plus de 27 ans en prison.

Les querelles et dissensions fomentées par le Cointelpro au sein du Black Panther Party amplifie les divergences internes nées de l'affrontement entre le "ministre de la défense" qui est resté à Oakland, Huey Newton, et Eldridge Cleaver en exil à Alger. Certains des partisans de Cleaver fondent alors la Black Liberation Army (BLA) clandestine.

Fin 1971, le Black Panther Party se retrouve décimé par la répression, son audience diminue et ses dirigeants replient leurs actions sur leur base d'Oakland, en même temps qu'ils décident de réintégrer jeu politique "normal" en soutenant les candidats démocrates aux élections locales. Les militants radicaux les plus chevronnés sont soit mort, soit en exil, soit en prison. Un nouveau programme de contre-espionnage, "newkill", directement mis au point par Hoover et Nixon s'abattra sur les membres du BLA.

Le Cointelpro sera officiellement arrêté en 1971 après sa découverte fortuite par un groupe d'étudiants parti s'introduire dans un bureau du FBI.



La Note envoyée par J Edgar Hoover à l'ensemble de ses agents, le 25 mars 1968 fut exécutée à la lettre : le Cointelpro devait "empêcher la coalition de groupes nationalistes noirs (...) empêcher la naissance d'un messie qui pourrait unifier et électriser le mouvement nationaliste noir (...) Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs modérés que, s'ils succombent à l'enseignement révolutionnaire, ils seront des révolutionnaires morts". Une autre note datée du 3 avril, expose les termes de l'alternative. "Ne vaut-il pas mieux être une vedette sportive, un athlète bien payé ou un artiste, un employé ou un ouvrier (...) plutôt qu'un Noir qui ne pense qu'à détruire l'establishment et qui, ce faisant, détruit sa propre maison, ne gagnant pour lui et son peuple que la haine et le soupçon des Blancs ?"

Eldridge Cleaver reviendra d'exil en 1975. Il rejoindra la secte Moon, fréquentera les milieux fondamentalistes et soutiendra Ronald Reagan. Il est décédé en 1998.

Stokely Carmichael s'exilera en Afrique en juillet 1969, démissionnera du "Black Panther Party" et prendra plus tard le nom de Kwame Touré (en hommage à Kwame Nkrumah et Sekou Touré). Il mourra en 1998 d'un cancer de la prostate.

Huey P Newton continua ses activités militantes au cours des années 70 et 80. Il fut abattu en 1989 lors d'une dispute avec un dealer de drogue.




source : http://www.grioo.com/info169.html


----------- à la demande de TacTac -----------


La vraie histoire de Huey P. Newton, leader des Black Panthers.
Un héros?


«Wah, man! T'as vu ce keum? T'imaginerais que ce keum-là, il a kiffé avec les Black Panthers!?» Voilà ce qu'on me sort encore régulièrement et je ne me prive pas d'en jouer: «Exact, mec. N'en fais pas trop un fromage. J'avais ton âge. J'étais un blanc-bec, comme toi, et ça a fait partie de mon éducation sentimentale. Mais connais-tu toute l'histoire?» La griffe de la Panthère laisse durablement ses traces dans la culture black. Pour ma génération, c'était l'histoire des grands résistants qui se balançaient, comme Pierre Brossolette par la fenêtre de la Gestapo, pour être sûrs à 100% de ne pas craquer sous la torture. Chez les jeunes Blacks, le look cuir noir, fusil à canon scié des Panthers, et les martyrs comme Fred Hampton ne comptent pas pour peanuts. (Pour les débuts des Black Panthers, on les trouve dans le livre)

À vingt ans, je ne pouvais qu'adhérer à Malcolm X. J'avais assez ruminé ma rage, explosé par des réflexions du genre: «Celui-là, il vient de tomber de l'arbre!» Il suffisait d'entendre cette phrase une seule fois. Mais à la troisième... On choisissait le camp de Malcolm X, par défi. Sans trop réfléchir à ses excès qui frôlaient le racisme à l'envers. Malcolm X fut assassiné trop tôt pour qu'on sache comment il aurait fait évoluer son discours après les proclamations fiévreuses de sa stratégie de rupture. Deux événements eurent lieu avant sa mort qui m'autorisent, encore aujourd'hui, à enfiler une fois par an un vieux tee-shirt avec sa tête au carré.

Malcolm X rompit rapidement avec les Black Muslims et dénonça leur évolution vers la secte. De retour de La Mecque, il s'arrêta à Paris, qui faisait encore partie des lieux de pèlerinage afro-américain et s'en alla dîner chez un artiste anticolonialiste notoire dont les ½uvres marquaient les années soixante. L'homme avait ramené une bouteille de rhum cubain. Après le dîner, l'artiste s'absenta. On raconte qu'el hadj Malcolm en profita pour vider la bouteille de rhum et entreprendre une conversation approfondie avec sa femme. J'aurais bien aimé voir si Malcolm aurait raconté cette anecdote dans ses Mémoires. Je ne vois pas la DST inventant cette histoire, vu la personne qui me l'a narrée.

On a abattu Malcolm X en février 1965. À nos yeux, la preuve par Y qu'un Noir américain était censé la boucler. Cela justifiait le respect pour le courage, sinon l'arrogance et le machisme,des Black Panthers. Enfin... Quand Eldridge Cleaver, en cavale en 1969, dormit chez moi, il n'y avait pas de rhum et ma compagne réussit à contenir le débordement vigoureux de sa testostérone. Spike Lee, ce petit jeune qui a bâti sa réputation en recyclant la révolte noire, est quand même le rejeton d'un grand chirurgien afro-américain du début du XX e siècle. À force de gonfler jusqu'au cliché les pantomimes de la culture ghetto, son genre de cinoche a fini par énerver tous les Noirs qui se trouvent leur place, qu'ils soient chirurgiens ou, comme cet Africain francophone, l'un des initiateurs de la première sonde américaine fabriquée par le Jet Propulsion Laboratory pour aller photographier la planète Mars. Alors Spike, tu le changes quand, le site où tu fais l'hagiographie d'Huey P. Newton? Voici l'histoire jusqu'à la dégringolade du héros. La vérité n'est jamais réactionnaire.

Huit ans plus tard. Huey Newton oublie les principes du parti. Les Black Panthers avaient joué la révolte massive du ghetto. Elle n'a pas eu lieu, même si les pauvres sont toujours aussi nombreux.

C'est à Oakland, en Californie, fin 1977. Une jeune femme noire attend le bus de nuit, quand un type de deux mètres sort d'une Cadillac et lui dit: «Monsieur Newton voudrait te parler. – Je ne connais pas. – Monte! – Non!» Le grand type est noir. L'autre type, plutôt petit, a le teint plus clair. Il sort un pistolet, menace la fille et l'embarque. Ils la promènent dans des faubourgs industriels bien poisseux. Là, le petit viole la fille. Puis il fouille dans son sac, lui rafle quarante-six dollars en billets, note son adresse, trouve une photo de gamins: «Ce sont les tiens? Alors, si tu vas voir les flics, couic!» Plus tard, la jeune femme reconnaît le visage de ses agresseurs sur les fiches du FBI. Le géant s'appelle Robert Heard, garde du corps de Huey Newton, le leader des Black Panthers. Le petit, plus clair, avec le pistolet, c'est Huey Newton lui-même. Pas d'erreur, il s'agit bien du Newton des années héroïques!

Huey P. Newton. De lui, on parlait sur un autre ton: c'était le fin, le penseur, un type aussi important, dans le bouleversement culturel, que Jerry Rubin, Tom Hayden, Stokely Carmichael ou Abbie Hoffman. Depuis Paris, on distinguait rarement ces nuances. À eux tous, ils constituaient simplement ce que l'on pouvait faire de mieux dans le genre en Amérique: noirs, révoltés, maoïsants, américains, violents certes, mais avec la légitimité des Noirs. «Les Black Panthers, putain, les Black Panthers!»

Et je suis là, en 1978, assis par terre... Et je relis cette liste dans New Time. (Pour les autres histoires, reportez-vous au livre)

Le mythe des Panthers a largement survécu aux rackets variés que certains, autour de Newton, ont pratiqué. On n'a pas élucidé le meurtre de Betty Van Patter, la comptable clean dont on n'a jamais retrouvé le corps. Les faits sont têtus, la liste des forfaits d'Huey Newton conséquente. Allez lire sur www.frontpagemag.com les résumés d'enquête de Kate Coleman ou les courriers de David Horowitz, l'homme qui, plus jeune, envoya Betty Van Patter travailler pour le BPP. Il ne s'en est pas remis et a quitté la gauche, d'éc½urement. Vous pourrez y lire le roman live des déchirements et des veuleries.

La première manif qu'elle a organisée, en 1970, prenait la défense de Panthers qui avaient torturé Alex Rackley, un jeune militant accusé d'être un informateur. Un site de PBS, la chaîne publique américaine, a proposé un documentaire coréalisé par Spike Lee sur Huey Newton, qui ne dit rien de ses vilenies. Je ne vais pas vous priver du plaisir de découvrir par vous-même comment Cleaver a arnaqué les Nord-Coréens! Au milieu de la congrégation de révolutionnaires «mondains» qui ont accompagné Huey P. Newton au cimetière, une couronne de fleurs résumait, sobrement, la vérité: «Pour Huey: en souvenir des années du début. » Doit-on tout pardonner aux brutes parce qu'ils ont tenu tête aux flics pendant trois ans?

Extrait de Vaudou & Compagnies, le nouveau livre de Jean François Bizot (Ed. Actuel/Panama), disponible dans toutes les crèmeries.



source : http://www.novaplanet.com/cyber-hardcore/article,115,1,black-panthers-le-cote-obscur.html

# Posté le lundi 07 août 2006 20:29

Modifié le jeudi 03 janvier 2008 19:54

:: Malcolm X ::

:: Malcolm X ::
Malcolm X

Malcolm Little
(alias Malcolm X)



MALCOLM LITTLE, connu plus tard sous le nom de Malcolm X, est né le 19 mai 1925 à Omaha, son père Earl était pasteur de l'Eglise bâptiste et militant de la Universal Negro Improvement Association, fondé par Marcus Garvey (pasteur d'origine Jamaïquaine et qui préconisait le retour des noirs d'Amérique vers l'Afrique), sa mère Louise était d'origine antillaise et avait la peau très blanche car sa mère avait été violé par un blanc ; elle détestait son tint blanc. Malcolm était le quatrième enfant né du couple mais le septième de son père qui avait eu trois enfant d'un précédent mariage, après lui vinrent encore deux enfants. Malcolm est de ses frères et soeurs celui qui à le tint le plus blanc, ses cheveux crépus, comme sa peau, sont roux.
Après l'assassinat de son père par des blancs du sud, les services sociaux brisent le foyer familiale et arrache les enfants Little à leur mère qui petit à petit perdra la tête excédé par la dureté de la vie qu'elle mène, et par sa dignité de femme noire perdue.
Le jeune Malcolm est alors envoyé chez des amis de la famille, pour finalement atterrir à 13 ans dans une maison de détention où l'on envoyait les "mauvais garçons" dans le Michigan, ce centre n'étant qu'une étape vers la maison de redressement. Malcolm habite alors chez une dame blanche qui prendra en charge son éducation. Il suit l'école au milieu des blancs, est très bon élève, et devient la "mascotte" de la classe : le gentil nègre que tout le monde aime. Il ne partira finalement pas en maison de redressement et commençera des études dans un lycée où il s'apercoit vite que bien qu'étant le nègre dont tout le monde recherche la compagnie, il n'en n'est pas moins un nègre et de ce fait les portes des professions réservé au blancs se ferme à lui.
Malcolm décide alors de quitter ce lycée et ce milieu blancs qu'il ne veux plus fréquenté. Il part s'installer à Boston chez sa demi-soeur Ella qui habitait une maison dans un bon quartier de la ville. Mais Malcolm n'a que faire des noirs qui fréquente ces quartiers et qui se croient supérieur aux autres noirs, plus pauvres. C'est donc dans le ghetto noir de Boston que Malcolm forgera sa personnalité. Voulant trouver un job, il rencontre Shorty qui originaire de la même campagne que Malcolm, le prend rapidement sous son aile. Malcolm se fait alors relooké, et défrisé les cheveux. Il travaille dans une salle de bal comme cireur de chaussure, mais son travail consiste moins en cireur de pompes qu'en dealer de marijuana. En cirant les chaussures des plus grands musiciens de l'époque, et en fournissant en drogue les habitués du club, Malcolm devient vite une personnalité dans le ghetto. Il rencontre alors une blanche, avec laquel il entretien une relation qui durera un certain temps.
Mais Malcolm dont la voie de délinquant ce trace devant lui, décide de partir à Harlem, alors centre culturel des noirs américains. Là encore il gagne sa vie en fréquentant les dealers et macro du coin. Beaucoup de noirs laissent leur peau dans ce genre de vie dangereuse, mais Malcolm que certains trouve indésirable à Harlem, se voit dans l'obligation de retourner à Boston et monte avec Shorty, son amie Rudie, son amie blanche et la soeur de cette dernière qui sortait avec Shorty, un gang de cambrioleur. Les affaires marchent très bien, les jeunes voleurs s'enrichissent, jusqu'à ce que la police les arrête. Malcolm et Shorty seront condamné à dix ans de prison, plus pour avoir coucher avec des blanches que pour avoir volé.
En 1946 Malcolm est incarcéré à la prison de Charleston, là il est réfractaire à tout discours religieux, mais est très marqué par Bimbi un détenu noir, qui discute de tous les sujets, avec un langage et un vocabulaire bien pesé. Malcolm est ensuite transféré à la prison de Norfolk où la vie y est moins dure, il reçoit des visites de ses frères et soeur, récemement convertit à une religion que Malcolm ignorait : l'Islam. Malcolm se laisse attiré par les doctrines islamique prêchées alors par un noir du nom d'Elijah Muhammad (les 2 photos ci-contre à gauche), leader de la "Nation of Islam" (NOI). L'Honorable Elijah Muhammad, de son ancien nom Elijah Poole, répend l'Islam auquel il s'est convertit après sa rencontre avec le Maître Wallace Fard Muhammad (photo ci-contre à droite), qui a fondé la NOI en 1930 pour guider les noirs vers l'Islam qu'il disait être la vrai religion de l'homme noir, et qui s'est présenté à Detroit, comme étant celui que les chrétiens appel Messie et que les musulmans nomme Madhi. Il enseignait que les noirs étaient les descendant de la tribu asiatique des Shabazz. Après avoir enseigner jour et nuit pendant 3 ans et demi à Elijah Muhammad, il partit en lui laissant la mission de guider et convertir son peuple. Les doctrines très spéciale propre à l'Islam pratiqué par Elijah Muhammad, préfigure l'homme blanc comme le diable, qui auraient été créé il y a 6000 ans par un savant généticiens du nom de Yakub, pour créer une race faible facilement influençable par le diable, dont la nature maléfique est la responsable des attrocitées subit par les esclaves africains, déporté par dixaine de millions sur les terres d'amérique, séparer de leur famille, de leur communauté parlant la même langue, et réduit à l'esclavage le plus total pour servir leur maître blanc.
En prison, Malcolm apprend à connaître sa négritude, il lit un maximum de livres, recopie le dictionnaire de A à Z, apprend l'histoire de l'Afrique et de l'esclavage, et cesse de se défrisé les cheveux, cette défrise qui le faisait ressembler au diable blanc.
Quand Malcolm sort de prison après 7 ans d'incarcération, il décide de consacré sa vie à prêcher l'Islam, et faire voire la vérité à ses frères afro-américains, qu'il voit priés dans les Eglises chrétienne le Dieu du blanc : le Dieu du démons...

En août 1952, Malcolm Little sort de prison. Il part vivre à Détroit chez son frère Wilfried, et est embauché comme vendeur de meuble par les commerçant juifs qui étaient propriétaire du magasin que tenait son frère, en plein coeur du Ghetto noir. Malcolm prend alors conscience de l'étau qui enferme l'économie de la communauté noir : "l'argent, loin de servir à mes congénères, était empochées par les commerçant blancs qui habitaient généralement un quartier résidentiel où les Noirs n'avaient pas raison de mettre les pieds s'ils n'y travaillaient pas pour le compte d'un blanc". Malcolm fréquente alors le temple musulman de la ville, et très vite grâce à sa connaissance des comportements des habitants du ghetto, prêche la parole d'Allah pour attirer ses frères vers l'Islam. Cette même année il rencontre pour la première fois l'Honorable Elijah Muhammad, à Chicago. Sûr de la voie qu'il suit, Malcolm Little devint alors Malcolm X, le X représentant l'inconnue : le vrai nom de famille africain des noirs d'Amérique dont le nom anglophone est celui du maître blanc qui possédait toutes sa famille.
En 1953, Malcolm quitte le magasin de meuble, pour travailler à l'usine de bois et dans l'été 53, est nommé pasteur du Temple Numéro Un de détroit. En 54, Malcolm déménage pour New York, où il devient pasteur du Temple Numéro Douze de Philadelphie puis du Temple Numéro Sept de New York; il commence alors ses prêches dans les rues de Harlem où il avait par le passé séjourner en tant que gangster. Il n'a alors de cesse à recruter de nouveau fidèle musulman, à la sortie des églises chrétienne, dans la rue, Malcolm X fait voire la véritable nature de l'homme blanc et du Dieu des blancs aux noirs hommes et femmes réceptifs aux doctrines d'Elijah Muhammad. Les Musulmans noirs sont disciplinés, il pratique l'Islam, et appliquent ses principes à leur vie quotidienne afin de se détourner des vices que leur offre la société américaine : la drogue, l'alcool, la grossièreté, le mauvais traitement des femmes, l'adultère, le vole, le crime, le mensonge sont des fléaux, dont les noirs sont les plus touchés. L'homme blanc utilise ses drogues pour maintenir l'homme noirs dans l'ignorance de lui-même, et ainsi dans l'esclavage mental. Malcolm fonde alors un nouveau Temple à Springfield, puis à Hartford s'ouvrit le Temple Numéro Quatorze, où il allait prêché tous les jeudi. Malcolm était devenu incontournable au sein de la nation d'Islam (NOI), en 1955, il se rend à Atlanta pour fonder le Temple Numéro Quinze, la NOI touche alors un nombre croissant de noirs de toutes couches sociale et de toutes profession et Malcolm y est pour beaucoup.
En 1956, Malcolm rencontre la soeur Betty X, qui enseignait le jeudi soir aux femmes musulmane l'hygiène et la santé. Ne la fréquentant d'abord que comme une soeur d'Islam, Malcolm voit grandir en lui son intérêt pour Betty qui semble lui convenir parfaitement. Malcolm la demande en mariage par téléphone, et la réponse positive de cette dernière empli de joie les coeurs des hommes et femmes de la nation d'Islam, ils se marièrent dans l'Indiana, puis habitèrent dans le Queens (NYC), où naquit en 1958, leur première fille Attilah.
La grandissante nation d'Islam, commence alors à inquiéter la haute société blanche américaine, les actions des musulmans noirs sous la direction de Malcolm X, font parler d'elles, la discipline et la parfaite organisation des musulmans augmentent leur popularité chez les noirs, que la prise de conscience d'alors nomme désormais afro-américains. En 1959, Malcolm X fonde le journal de la nation d'Islam : "Muhammad parle". Cette même année, il fonde un nouveau Temple à Los Angeles et voyage en Afrique, où certain pays avaient fait savoir à la nation d'Islam qu'ils appréciaient l'action mené par les musulmans pour la communauté des africains d'Amérique descendant d'esclaves. Les musulmans noirs sont alors montrés par les médias et la société américaine comme des extrémistes qui enseignent la haine.
Elijah Muhammad, réclame un état noir indépendant sur le sol d'amérique, il pense que blancs et noirs ne pourront etre reconnu égaux que si les blancs laissent les noirs fondé leur propres état, contrairement à d'autres leader noirs, Elijah Muhammad ne veux pas l'intégration des noirs dans la société blanche : "égaux mais séparés". Des noirs expriment ouvertement leur désaccord et leur mécontentement avec les idées mises en avant par le nation d'Islam ; les blancs quant à eux sont terrorisés : "C'est là une constante du comportement du Blanc à l'égard du Noir. Chez le Blanc l'autosatisfaction n'a d'égal que sa stupéfaction lorsqu'il découvre que ses victimes ne partagent pas ce sentiment. Tout allait bien en Amérique, pendant des siècles, au temps où ses victimes exploitées, brutalisées, lui donnait du "Oui m'sieur", du "Oui, maître" et jouaient les Oncle Tom. Maintenant c'est différent". Malcolm devient très médiatisé, participe à de nombreuse émission de télévision, et s'exprime lors des grands meeting de la nation d'Islam. La popularité de Malcolm, ne va pas tarder à inquiéter et les autorités du pays et les autres membres de la nation d'Islam craignant que Malcolm ne vole la vedette.
En 1960 naît la deuxième fille de Malcolm et Betty : Kubilah, deux en plus tard c'est Ilyasah qui naît, puis en 1964 naîtra la quatrième fille du couple : Amilah. Malcolm est sans cesse occupé, tout son temps est consacré à la nation d'Islam et à Elijah Muhammad, dont il est le représentant officiel. Il est désolé de ne pouvoir passé plus de temps avec sa femme et ses filles, mais Betty comprend que la mission de Malcolm est d'ouvrir les yeux des noirs d'Amérique.
Malcolm dont chacun des propos est abondamment commenté par les journaux ne manque pas d'exprimé son désaccord avec les autres leaders noirs. Malcolm X ne prône pas l'intégration, il veut apprendre aux noirs l'auto-défense face aux agressions et violences des blancs et de sa police. Lors de la grande marche sur Washington, durant laquel le pasteur chrétien Martin Luther King fera un célèbre discours, Malcolm ne manque pas de fustigé cette marche : "Peut-on imaginer pareil spectacle ? Les révolutionnaires en colère, aux pieds nus, et leurs oppresseurs marquaient la mesure ensemble au bord des bassins des jardins publics, dans des parterres de lys, chantaient des hymnes et grattaient leurs guitares en écoutant des discours de bons samaritains. Oui peut-on imaginer pareil spectacle alors que les masses noires d'Amérique vivaient - vivent encore - un cauchemar éveillé ?".
Au début des années 60, la nation d'Islam compte plus de cent Temples, elle est présente dans tous les Etats d'Amérique, et Malcolm est pour beaucoup dans cette réussite. Mais des jalousie se font sentir au seins de la nations à l'égard de Malcolm. Betty s'inquiète quand à leur situation financière, elle veut mettre de l'argent de côté, mais Malcolm ne veut pas paraître comme tirant un profit personnel de l'argent de la nation d'Islam, il convint Betty que si il devait disparaître, la nation s'occuperait d'elle et des filles, il se rendit plus tard compte que cela aurait été une erreurs. Dès 1962, Malcolm n'était même plus cité dans le journal de la nation d'Islam qu'il avait pourtant créer. Alors que les menaces de la part de la société blanche se faisait de plus en plus sentir, d'autre menace émanait de la nation d'Islam elle-même. Des rumeurs concernant Elijah Muhammad selon lesquels ils serait le père de plusieurs enfants illégitimes dont les mères se seraient vues excluent de la NOI, apparaissent aux yeux de Malcolm comme véridique, bien qu'ayant du mal à le croire. Il apprend aussi de la bouche d'autres musulmans excluent que Elijah Muhammad tenait, en privé, des propos contre Malcolm. En avril 63, Malcolm rend visite à Elijah Muhammad, qui se justifie en citant des passages bibliques dans lesquels les prophètes ne sont malgré tout que des hommes, avec leur défauts.
Le 22 novembre 63, le président Kennedy est assassiné à Dallas, Malcolm X interviewé sur ce sujet commentera que la violence de l'homme blanc à finit par se retourner contre lui, que l'on récolte ce que l'on sème. Elijah Muhammad désapprouve les propos tenu par Malcolm et que la presse met en première page. Malcolm se voit être exclus de la NOI pour 90 jours. Les membres de la Nation critiquent alors Malcolm au sein même des milieux musulmans.
"Je ne craignais pas la mort. La trahison était bien pire". Malcolm se rend vite compte qu'un piège s'est refermé sur lui. Le réconfort de Betty l'aide à surmonté cette épreuve, mais Malcolm est abattu par cette trahison. Il est désormais indésirable au sein de la nation d'Islam. Un proche de Malcolm fut chargé de piégé sa voiture, mais ce dernier trop fidèle ne le put. Il en fit part à Malcolm. désormais la NOI représentait le plus grand danger pour Malcolm. Il décide de rompre totalement les liens avec la nation. Mais il ne peut supporter l'inactivité, il a la lutte dans le sang, il vient du ghetto, et sa vie est consacrée à sortir les noirs de la misère. Il crée alors sa propre organisation. Une organisation regroupant des noirs de toutes religions, il accepte de s'associer à d'autre leader, et désormais il accepte l'aide extérieur des blancs. Il fonde alors une nouvelle Mosquée à New York. Les buts de cette nouvelle organisation sont : "éliminer l'oppression politique, l'exploitation économique et la dégradation sociale dont vingt-deux millions d'Afro-américains sont victimes". C'est alors que Malcolm décide d'effectuer le pèlerinage de la Mecque.
Le pèlerinage à la Mecque est l'un des 5 piliers de l'Islam, tout musulman en ayant la possibilité financière et physique doit l'effectuer au moins une fois dans sa vie. Ella, la demi-soeur de Malcolm, convertit à l'Islam grâce à lui, et qui des dizaines d'années plus tôt l'avait aceuillit à Boston lui avança l'argent qu'elle avait réservé à son propre pèlerinage pour qu'ainsi Malcolm puisse goûter au "vrai valeurs de l'Islam". Malcolm n'ignorait naturellement pas que les musulmans à travers la planète sont de toutes couleurs de peau. Il avait déjà rencontré des étudiant arabe et du moyen orient qui lui avait parlé de l'Islam qu'ils pratiquaient, mais en fervent disciple d'Elijah Muhammad, Malcolm X n'avait jamais plus approfondit la question. Malcolm fut présenté au docteur Youssef Chawarbi, un éminent savant, qui délivrai des visa pour la Mecque, nécessaire aux musulmans convertit aux USA. Arrivé au Caire, Malcolm se rendit compte que son combat n'y était pas inconnu et qu'il y jouissait d'une grande popularité. Malcolm rencontra nombre d'autre musulman de tous pays et de toutes couleur de peau qui s'apprêtaient à faire le pèlerinage. Par contre, tout le monde s'étonnait de voire un musulman américain. Malgré tout Malcolm trouva sa place parmi le groupe de pèlerin avec qui il était. Malheureusement il lui fut d'abord interdit l'accès au sanctuaire de la Mecque, car seul les musulmans peuvent y pénétrer et les autorités musulmane doutaient de cet américain musulman. La "mahgama charia", la haute cour musulmane examina le cas de Malcolm, qui responsable de la création de la casie totalité des Temples musulmans au Etats-Unis, se voyait aujourd'hui interdire l'accès à la ville Sainte. Les autorité musulmanes finir par accordé à Malcolm l'autorisation d'effectuer le pèlerinage, et ils lui apprirent les rites que Malcolm ignoraient. Malcolm effectua les rituelles accompagné de son moutawaf (guide), il fit 7 fois le tour de la Kabba, but l'eau du puits de Zem Zem, courra entre les collines de Safa et de Marwa, et gravit le mont Arafat, là en toute fraternité, il partagea ses impression avec d'autres musulman parlant anglais et partagea un dernier repas avec se coreligionnaire aux couleurs de peau si varié.
L'expérience spirituelle que représente le pèlerinage à la Mecque fit atteindre à Malcolm un nouveau stade de pensée. Il avait goûté au véritable Islam, à la véritable fraternité, qui le forçait à reconsidéré complètement nombres des pensées et croyances qu'il avait jadis, aux côté d'Elijah Muhammad. Désormais il était persuadé que la vrai pratique de l'Islam pouvait guérir les sociétés du fléau du racisme. Le pèlerinage à la ville Sainte a transformé Malcolm, comme son premier contacte avec l'Islam, en prison, l'avait déjà transformé. Désormais Malcolm Little devenu Malcolm X porte le nom musulman d'El-Hadj Malik El-Shabbazz.
Après un tour par quelques pays d'Afrique, où Malcolm constate encore une fois la réceptivité des africains à son message, il rentre aux USA, accueillit par la presse et par les mêmes problèmes, le même racisme.
En 1965, l'activité de Malcolm et de son organisation continue, Malcolm s'adresse alors à tous les noirs, à tous ceux qui veulent changer la société américaine. Mais la presse continue de le marginaliser comme un extrémiste, un violent qui veut armé les noirs. Plus la pensée de Malcolm s'affinait et s'emplissait de vérité et d'efficacité, plus il devenait un danger pour la société blanche américaine, et pour la nation d'Islam d'Elijah Muhammad.
"Je me réveille tous les matins sachant que j'ai gagné un jour de plus. Je vis comme un mort en sursis". Au début de l'année 65, Malcolm X est prié de quitter le territoire français, où il devait participer à un meeting d'étudiant africain. Il rentre alors à New York le 13 février. Dans le nuit du 14, un incendie d'origine criminel ravage sa maison, lui, Betty (enceinte) et les 4 filles s'en sortiront indemne. Malcolm accuse la NOI, de vouloir sa mort et celle de sa famille. Le dimanche 21 février, Malcolm doit tenir une conférence à la salle de bal de l'Audubon. Sa famille doit y assister. Malcolm avait depuis quelques temps refusé les fouilles à l'entrée des meeting. Il entra dans la salle de bal d'un pas lourd, vers quatorze heures. Il commençait à regretter d'avoir attribué à la NOI l'incendie de sa maison. "Il est arrivé depuis des choses trop importante pour être l'oeuvre des musulmans. Je sais ce qu'il sont capable de faire. Depuis les choses sont allées plus loin, elles les dépassent. Au fond je ne devrai pas prendre la parole aujourd'hui. Je vais essayer de détendre l'atmosphère en disant aux Noirs de ne pas se bagarrer entre eux. Ca fait partie de la manoeuvre du Blanc. Moi je ne me bats contre personne. On n'est pas là pour ça". Le révérant Milton Galamison, qui devait participer au meeting n'arrivait pas. Benjamin X prit la parole pour ouvrir le meeting. Quand Malcolm monta au pupitre, il salua l'assemblée par la salut musulman As Salam Aleikoum. La foule lui répondit. Au 8e rang un homme se leva s'écriant "Otez votre main de ma poche". L'assemblée surprise se retourna. Malcolm demanda aux frères de se calmer. Au premier rang trois hommes se levèrent et déchargèrent leurs armes sur Malcolm X qui s'éfondra sur les chaises derrière lui. L'assemblée plongea à terre. Betty protégea ses filles, puis accouru vers son mari. Malcolm X transporté à l'hôpital était déjà mort.
"Cher Papa, je t'aime tant. Mon Dieu, mon Dieu, comme je voudrais que tu ne sois pas mort". (Attilah Shabbazz, 6 ans)
Du 23 au 26 février, le corps de Malcolm X fut exposé. De nombreux hommes et femmes, noirs, blancs, jaunes, de toutes origines et religions vinrent lui rendre un dernière hommage. Le Cheikh Ahmed Assoun, accomplit les rites funéraires musulmans ; alors qu'Elijah Muhammad de son côté proclamait : "c'est une étoile qui a quitté le droit chemin ! Et celui qui tentera d'étouffer le souffle d'Elijah Muhammad court déjà à sa propre fin !".

Commentaires :
Malcolm X est sans doute avec Marcus Garvey et Martin Luther King le leader noir le plus important de l'histoire contemporaine. Malcolm avait non seulement un talent d'orateur incontestable, mais il avait aussi une vrai vision du monde qui l'entourait, de plus il ne s'est jamais contenté de beau discour, il est toujours passé aux actes, et a oeuvré pour sa comunauté à l'instar de Nat Turner et John Brown, et d'autres noirs qui, quelques décénnies plus tôt, aidaient les esclaves à s'enfuir de leur plantation. A chaque époque de sa vie Malcolm a été sincère dans tous ce qu'il a entreprit ce qui ne l'a pas empêché d'éfectuer des changements de direction complet dans ses idées et son comportement : quand il a découvert l'Islam ou encore après son pélerinage à la ville sainte de la Mecque.
Marcus Garvey a été l'instingateur de l'unité africaine, son message s'adressait à tous les noirs d'"Afrique et d'ailleur". Jomo Kenyatta, Léopold Senghor, Kwame Nkrumah, sont en Afrique les hérités de l'oeuvre de Garvey ; Malcolm X est l'héritier du message de Garvey en Amérique. Comme Garvey, Malcolm X était détesté du pouvoir blanc et riche américain. L'ignoble J.Edgar Hoover, chef du FBI le détestait. Malcolm X oeuvrait pour le bien, pour la paix. Il décrivait dans ses discours le réél portrait de l'amérique, dans lequel l'Homme noir n'avait pas sa place. Comment les noirs auraient ils put s'intégrer dans une société où ils sont la victime consante de la haine et de la violence. Malcolm X ne pronait pas l'intégration. C'est à la société blanche d'évoluer, si elle est incapable de reconnaître ses propres crimes et mensonges, l'homme noir n'a pas à s'y intégré. Comme l'enseignait l'Honorable Elijah Muhammad, Malcolm pronait la sépararation de l'amérique en 2 pays différent pour les blancs et les noirs. Malcolm enseignait à ses frères la vérité, sur l'Afrique, l'esclavage, il leur ouvrait les yeux, leur redonnait foi en eux-même. Il leur apprenait à se défendre face à la violence des blancs, de ses organisations racistes et de sa police, qui était l'organe oficielle des racistes pour aller casser du nègre. Malcolm enseignait le nationalisme noir, c'est-à-dire, qu'il essayait d'apprendre au noir à oeuvrer pour eux, à s'occupé de leurs affaires, et à s'organiser. Les propriétaires des magasins tenu par des noirs était blanc et l'argent que dépensait les noirs dans ces magasins allait dans la poche des blancs, pas 1 dollar ne revennait dans la communauté, pour créer des écoles, ouvrir des bibliothèques... Les noirs étaient "tenu dans un étau".
L'amérique blanche désignait Malcolm X comme un violent, un extremiste, mais il n'a jamais été impliqué dans quelques formes de violences que ce soit, si ce n'est celles dont il a été la victime. Le message de Malcolm s'adressait à tous les hommes et femmes, Yuri Kochiyama amie japonaise de Malcolm X dira plus tard de lui, qu'"il détestait tous ce qu'un hommes devrait detester. Il détestait le racisme et l'hypocrisie, l'oppression et la tyranie des gens au pouvoir, et il aimait l'Humanité, bien-sûr l'humanité des gens de ce pays à cause de leur racisme, n'est pas le genre d'humanité que l'on aime spontanément".



source : http://lpdw.free.fr/freedom/malcolm.htm

# Posté le mercredi 02 août 2006 11:36

:: Martin Luther King ::

:: Martin Luther King ::
Martin Luther King


Martin Luther King
(1929 - 1968)

biographie par Christian Delorme, Directeur de Publication d'Alternatives Non Violentes


Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie, le 15 janvier 1929. Sa mère, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, était la fille d'Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l'Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la résistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutté pour obtenir un collège secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son père, Martin Luther King Senior, était également pasteur, et il succéda d'ailleurs dès 1931 à Adam Williams dans la responsabilité de la paroisse.

Le milieu où le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir était donc celui d'une bonne classe moyenne. Tout en étant très bagarreur et très émotif, il connut effectivement une enfance paisible imprégnée de morale évangélique. Martin Luther King a ignoré le ghetto et la misère, les rats et la vermine, qui étaient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs américains et il eut toutes les facilités pour entreprendre de bonnes études. Son père, fils d'un ouvrier asservi de plantation, avait su s'élever dans la société, acquérant à la fois une influence de responsable spirituel et une aisance matérielle certaine. Martin Luther Jr savait qu'on attendait de lui une réussite analogue.
De fait, le jeune homme fit des études brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse CoUege d'Atlanta, pensant devenir médecin ou avocat. Malgré le souhait de ses père et grand-père, il ne désirait pas devenir pasteur à son tour, se sentant mal à l'aise avec l'émotivité excessive qu'il percevait dans les églises réservées aux Noirs. Toutefois, l'enseignement de certains de ses professeurs qui étaient pasteurs lui prouva qu'une carrière religieuse pouvait être intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonné dans le temple de son père à Atlanta en 1947, et nommé assistant de cette paroisse.

Toujours étudiant à Morehouse, Martin Luther King eut une activité très dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation créée en 1909. Car s'il bénéficiait d'une sécurité matérielle, il n'en connaissait pas moins l'insécurité morale qui frappait tous les Negres et, comme son père, il voulait faire progresser la situation de ses frères de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, où il était l'un des six Noirs dans un groupe de cent étudiants. En 1951, il obtint une licence de théologie et décida de poursuivre des recherches à l'Université de Boston, tandis qu'il continuait à suivre des cours de philosophie à l'Université de Harvard. A partir de 1953, il se consacra à la rédaction d'une thèse : "Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman". Il obtint le doctorat de troisième cycle de théologie systématique en juin 1955.

King possédait une solide érudition. Le théologien "social" Walter Rauschenbusch avait marqué sa pensée, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et ... Gandhi. Il se définissait comme "personnaliste", et il ne faisait point de doute pour lui que l'Eglise devait jouer un rôle actif dans l'établissement de la justice sociale. Il avait également lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l'époque, n'allait pas de soi.
En 1952, Martin avait fait la connaissance de Coretta Scott, pédagogue de formation et chanteuse. Cela avait abouti à leur mariage, le 18 juin 1953, et, en septembre 1954, tous deux s'installaient à Montgomery (Alabama), ville habitée par cinquante mille Noirs et quatre-vingt mille Blancs, où Martin Luther King prit la succession d'un "pasteur de choc", dans une des églises baptistes noires qui comptaient beaucoup de familles aisées et d'intellectuels.



Le boycott de Montgomery:

Le 17 mai 1954, la Cour Suprême des Etats-Unis avait décrété que dans l'éducation, droit majeur de l'homme, la ségrégation était contraire à la Constitution. Il s'agissait d'un événement important, qui ouvrait une brèche dans le mur soigneusement élaboré du mépris racial , mais l'intégration était encore loin d'être réalisée, surtout dans les Etats du Sud. Afin d'intéresser ses paroissiens aux problèmes du peuple noir, et surtout afin de les amener à faire pleinement usage de leurs droits civiques, King suscita très vite un comité d'action sociale et politique, et il invita les membres de la communauté à adhérer à la N.A.A.C.P. qui avait été pour beaucoup dans la décision de la Cour Suprême. Mais c'est le ler décembre 1955 que se produisit l'événement qui allait orienter toute sa carrière de pasteur.

Ce jour-là, en effet, une couturière noire de cinquante ans, Mme Rosa Parks, refusa de céder sa place assise dans l'autobus à un Blanc, comme les lois de l'Alabama le lui enjoignaient. La police l'interpella, et elle se serait retrouvée en prison si un témoin de la scène n'avait payé immédiatement sa caution. Martin Luther King fut averti et, scandalisé, il décida avec son ami le pasteur Ralph Abernathy d'organiser le soir même une réunion au temple, avec tout ce que la communauté noire de Montgomery pouvait compter de membres influents, pasteurs, avocats, médecins, syndicalistes... Un syndicaliste ayant suggéré un boycott des autobus, l'idée fut discutée et, progressivement, adoptée. Les pasteurs annonceraient la décision à l'office du dimanche. Un tract serait distribué à la population de couleur. Le lundi 5 décembre, les Noirs ne devraient pas prendre l'autobus pour aller au travail, à l'école, à la ville ! Le lundi matin, chacun était anxieux : les Noirs prendraient-ils ou non l'autobus ? Ils ne le prirent pas, et les conducteurs se promenèrent tout seuls, car les Blancs s'étaient eux-mêmes abstenus par crainte des troubles ! Les taxis, en revanche, étaient pleins, les rues étaient encombrées de bicyclettes et de piétons. On marchait. Certains, qui avaient quinze ou vingt kilomètres à effectuer pour se rendre à leur travail, marchèrent même beaucoup. Mais on souriait, on applaudissait, on s'interpellait. C'était la levée en masse de la piétaille ! La police aurait voulu arrêter les meneurs... mais qui était meneur ?
Dans la journée, Mme Parks fut condamnée à dix dollars d'amende pour violation des lois locales de ségrégation. Le soir, une grande assemblée se tint. Martin Luther King, parlant plusieurs orateurs, s'écria : "Nous en avons assez d'être maltraités et opprimés. Nous avons été trop patients. Une des gloires de la démocratie, c'est qu'elle donne au peuple le droit de protester. Nous le ferons, mis sans violence ni haine. L'amour du prochain sera notre règle". Les applaudissements et les reprises en choeur de ses phrases l'interrompaient constamment. On décida que le boycott serait prolongé jusqu'à ce que des pratiques humiliantes cessent d'être imposées aux Noirs dans les autobus. On créa aussitôt une nouvelle organisation, l'Association pour le Progrès de Montgomery, et King en fut nommé président.

L'action dura trois cent quatre-vingt deux jours ! A maintes reprises, les autorités firent pression sur King pour qu'il mette fin au boycott. Le 26 janvier 1956, on l'arrêta sous le fallacieux prétexte d'excès de vitesse. Quatre jours plus tard, un attentat fut commis contre son domicile, manquant de déclencher une réaction noire violente qu'évita de justesse King en faisant appel à la raison. En mars, on intenta un procès au pasteur pour violation des lois anti-boycott, et il fut condamné à cent quarante jours de prison et cinq cents dollars d'amende. Cette lutte, Martin Luther King l'a racontée dans "Combats pour la liberté".

Pendant des mois, les Noirs, unis comme ils ne l'avaient jamais été, s'entraidèrent ainsi pour des services de taxis bénévoles, permettant le transport quotidien de quarante deux mille personnes, ou s'encouragèrent les uns les autres à circuler à pied et à se tenir prêts à être jetés en prison. Au bord de la faillite, la compagnie d'autobus fut finalement obligée d'accepter la fin des mesures discriminatoires. Mais la victoire ne s'arrêtait pas là : dès novembre 1956, la Cour Suprême des Etats-Unis avait déclaré inconstitutionnelles lois imposant la ségrégation dans les transports ! Le 21 décembre, les Noirs purent ainsi prendre les autobus dans mêmes conditions que les Blancs, sous la protection d'une loi anti-ségrégation. Pour eux, c'était la prise de la Bastille !



L'action s'étend :

Dès lors, Martin Luther King allait apparaître comme le leader national du mouvement de résistance. En janvier 1957, les leaders noirs de dix Etats du Sud se rencontraient pour former l'organisation qui s'appellera Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), et King en fut élu président. Pour commencer, cette organisation décida de concentrer son attention sur la discrimination pratiquée dans les transports ailleurs qu'à Montgomery malgré la nouvelle loi, et l'accession des Noirs au droit de vote.

Figure de proue du mouvement noir, King parcourut, en 1957, des dizaines de milliers de kilomètres et prononça deux cent huit discours. On l'appelait "le nouveau Moise" ou "le nouveau Gandhi". Un thème revenait comme une obsession dans toutes ses allocutions : la défense des droits civiques. Et pour obtenir ces droits, proclamait-il, il fallait que les Noirs commencent par acquérir le respect d'eux-mêmes. Preuve de la popularité grandissante de King : en mars 1957, Kwame Nkrumah l'invitait aux cérémonies qui marquèrent l'indépendance du Ghana.

A son retour d'Afrique, les deux mouvements de lutte, la S.C.L.C. et la N.A.A.C.P., décidaient d'organiser une manifestation à Washington, le 17 mai 1957, pour le troisième anniversaire de la décision de la Cour Suprême supprimant la ségrégation dans les écoles. Vingt-cinq à trente mille Noirs et quelques Blancs, massés devant le mémorial de Lincoln, écoutèrent les orateurs qui réclamaient la fin de la ségrégation raciale. King fut ovationné. Un mois plus tard, il était reçu, en compagnie de Ralph Abemathy, par le vice-président Nixon. Puis, le 23 juin, c'était au tour du président Eisenhower de lui accorder une audience. Mais dans les deux occasions, on ne lui fit que des réponses très vagues, qui aboutirent à une loi affirmant le droit de vote des Noirs mais n'offrant guère d'espoirs d'application immédiate. Le langage de King, lui, était ferme et exigeant.

En septembre 1958, mois de la sortie en librairie de "Combats pour la liberté", Martin Luther King fut insulté, brutalisé et arrêté par des agents de police. Il fut vite relâché, un inconnu ayant payé sa caution. Mais, peu après, une femme noire exaltée, que des campagnes de diffamation contre le pasteur avaient convaincue que celui-ci était communiste, lui plantait un coupe-papier en acier dans la poitrine. La pointe s'arrêta tout contre l'aorte, et c'est miracle que King ne soit pas mort. Pendant sa convalescence, invité par Nehru, il se rendit avec sa femme en Inde, sur les traces de Gandhi.
Le progrès vers l'égalité raciale restait bien lent, surtout dans le Sud des Etats-Unis. Presque partout, on se contentait de gestes symboliques, par exemple quelques élèves noirs dans une grande école qu'on proclamait "intégrée". De ce fait, la patience des Noirs était mise à rude épreuve, et à partir de 1959, les "Musulmans Noirs", qui refusaient de faire appel, comme King, à la conscience des Américains blancs et prônaient la violence, commencèrent, sous la direction d'Elijah Muhammad et surtout de Malcolm X, cette autre grande figure de l'Amérique noire, à acquérir une large audience, surtout dans les ghettos noirs des grandes villes du Nord.

A la fin de 1959, les King quittaient Montgomery, où Martin Luther, étant donné ses fonctions à la tête de la S.C.L.C., ne pouvait plus assurer un service pastoral normal, et ils rejoignirent Atlanta.



"Sit-ins" et "voyages de la liberté" :

Montgomery avait été le premier épisode de la révolte noire. Greensboro fut le deuxième. Dans cette ville de Caroline du Nord, autre Etat des plus racistes des U.S.A., quatre étudiants noirs s'installèrent, le ler février 1960, dans un buffet réservé aux Blancs et refusèrent d'en partir. Une station de radio transmit l'information. Aussitôt, des dizaines d'étudiants vinrent en renfort à leurs camarades : les "sit-ins" venaient de faire leur apparition comme tactique de masse.
Ce mouvement allait s'étendre à plus de cent villes et mobiliser soixante-dix mille protestataires. Injuriés, les manifestants restaient silencieux. Frappés, ils ne rendaient pas les coups. Même quand des jeunes Blancs s'amusaient à tirer les cheveux des filles noires ou à écraser des cigarettes allumées sur leur cou, celles-ci ne répondaient pas. Tous priaient et supportaient tout dans la dignité. Il y eut des centaines d'arrestations. Martin Luther King n'avait pas été directement à l'origine de cette action, mais il allait d'un lieu à un autre, soutenant les résistants, se joignant à leurs démonstrations, se faisant arrêter avec eux. Il expliquait : "Pour que la résistance non-violente ait un sens, il faut que cela soit dirigé vers la réconciliation. Notre but final est la création de la communauté d'amour fraternel. Les tactiques non-violentes sans l'esprit de la non violence peuvent devenir une sorte de violence". Cette forme de lutte contre la ségrégation permit d'accomplir à un rythme accéléré l'intégration dans les restaurants, sur les plages, dans les piscines, dans les bibliothèques, dans les églises...
En 1960 toujours, des jeunes de la S.C.L.C. organisaient un groupe distinct pour l'action, et ils l'intitulaient "Comité des Etudiants Non-violents" (S.N.C.C. ou Snick), groupe qui, sous l'impulsion notamment de Stokely Carmichael, allait évoluer cinq à six ans plus tard en s'éloignant de la non-violence. C'est l'année aussi où King fut accusé de fraude fiscale, accusation dont il fut lavé mais qui le toucha beaucoup moralement. Le leader insistait toujours plus sur la Luther King avait été parmi les quelques vingt et un mille personnes arrêtées dans les Etats du Sud, tandis que quelques progrès étaient apparus en direction de l'intégration et des droits des électeurs, et que des comités paritaires poursuivaient des négociations dans plus de cent localités.



Prix Nobel de la Paix 1964 :

Kennedy mort, en était-ce fini des espoirs des Noirs américains ? Lyndon B. Johnson poursuivit, heureusement, les efforts de son prédécesseur, et le 2 juillet 1964, une nouvelle loi sur les droits civiques était votée. Ce texte s'attaquait à la non-participation politique des Noirs, interdisait la discrimination dans les lieux publics, faisait désormais relever les infractions du ministère fédéral de la justice et non plus des juridictions locales, et créait une commission pour étudier les cas de discrimination dans le travail. Aucune loi n'était allée jusqu'à présent aussi loin dans le sens de l'égalité raciale. Pourtant, au même moment, des émeutes noires éclataient un peu partout : New-York, Jersey-City, Dixmoor, Philadelphie... Les jeunes des ghettos des grandes villes américaines du Nord, en effet, avaient dépassé la frontière du désespoir. Ils n'avaient ni passé ni avenir : ils se jetaient dès lors dans la violence la plus aveugle.

En septembre 1964, King était invité par Willy Brandt à Berlin, et il était reçu en audience par le pape Paul VI. A son retour, il soutenait la candidature de Johnson à la présidence des Etats-Unis... et apprenant son élection pour le prix Nobel de la Paix, qu'il allait recevoir à Oslo le 10 décembre 1964.

Par l'intermédiaire du Prix Nobel, Martin Luther King devenait pour le monde entier le symbole de cette révolte noire qu'il était déjà pour le Sud des Etats-Unis, le symbole de la lutte pour la justice par des moyens non-violents. Mais si sa célébrité faisait le tour de l'univers... elle était en train de mourir aux portes des quartiers misérables des métropoles du Nord, dont les habitants entendaient déjà un autre rêve : celui du "Black Power" (Pouvoir noir), celui d'une Amérique sans les Blancs.

Dans la plupart des villes industrielles du Nord et de l'Est, la main-d'oeuvre noire, fuyant le Sud pour trouver des conditions de vie plus humaines, s'était entassée dans des quartiers qui avaient vite ressemblé à l'enfer. Education au rabais. Pas ou peu de fondation professionnelle. Des débouchés en quantité très limitée. Très fort chômage. Revenus inférieurs. Généralisation de l'assistance sous ses pires formes. Conditions sanitaires critiques. Très forte densité. Dégradation de la vie familiale... Au bout, que pouvait-il y avoir, sinon la révolte ? Que pouvait-il y avoir, sinon une haine accumulée contre les Blancs, même si, à la différence du Sud, il n'y avait pas, dans le Nord, de lois racistes ?
En mars 1965, Martin Luther King remporta son dernier succès avec la marche de Selma à Montgomery. Le gouverneur Wallace, de l'Alabama, ne voulait pas abandonner sa politique ségrégationniste, malgré les directives gouvernementales. Une première marche de protestation fut donc organisée, mais elle fut brutalement arrêtée par la police locale, qui fit soixante blessés parmi les manifestants. Martin Luther King lança alors un appel à tous les partisans des droits civiques pour recommencer, en masse cette fois. Le 21 mars, trente cinq mille "pélerins" rejoignirent Montgomery ! Toutefois, King, proposant un boycott national des produits de l'Alabama, ne fut pas suivi. Pire ! il devenait à présent évident que les jeunes Noirs doutaient désormais des possibilités de l'action non-violente, et ils étaient de plus en plus nombreux à se tourner vers la réaction violente à l'injustice, en se réclamant du "Black Power".

Alors que la non-violence avait permis des changements progressifs dans le Sud, les conditions avaient empiré dans le Nord, où la misère économique rejetait les Noirs encore plus que des lois racistes ne pouvaient le faire. Ayant méconnu la réalité des ghettos du Nord, King se trouva tout à coup en face d'une Amérique Noire qui lui échappait et qui risquait de sombrer dans le meurtre. Il n'apparaissait plus que comme un "bourgeois moraliste", un "oncle Tom" manié et téléguidé par le pouvoir blanc, et les émeutes allaient embraser l'Amérique pendant quelques années...



La radicalisation... et la mort :

Martin Luther King avait conscience de tous les espoirs qui avaient été mis en lui, et il ne voulait pas décevoir. Aussi fit-il l'apprentissage des ghettos noirs, quand bien même il s'apercevait qu'on l'écoutait moins. Progressivement aussi, il découvrit que le mal n'était pas seulement dans les coeurs, pas seulement dans les institutions, mais qu'il était également dans les choix politiques. Jusqu'ici, il avait cru au système américain : il commençait à présent à le critiquer. C'était tout le système qui était empreint de racisme, un racisme subtil et quotidien.

En 1966, Martin et Coretta King s'installèrent dans un quartier noir de Chicago. Suivant l'exemple de Danilo Dolci en Sicile, King rassembla des chômeurs pour restaurer des logements inhabités. Le propriétaire le fit poursuivre en justice. Il organisa une grève des loyers avec des locataires exploités. Les classes supérieures s'indignèrent : il avait touché au sacro-saint droit de propriété ! Il aggrava son cas en proposant au maire des mesures qui furent qualifiées de socialistes : construction de logements sociaux dispersés dans la cité, amélioration des transports, augmentation de 100 % du budget scolaire pour des écoles vraiment intégrées... S'adressant au gouvernement fédéral, il réclama un revenu annuel minimum garanti par tête, des lois interdisant la ségrégation pour les ventes et locations de logements, l'augmentation des subventions pour l'éducation, les services sanitaires et sociaux... Il voulait que la République fasse pour ses anciens esclaves ce qu'elle avait fait pour ses anciens combattants. Toutefois, toutes ces initiatives ne rencontrèrent que peu d'échos.

Au début, les militants du "Black Power" refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches "Black is beautiful". Puis, le 4 avril 1967, il lançait une "Déclaration d'Indépendance à l'égard de la guerre du Vietnam", faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel.

Pendant l'été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu.
Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : "Bloquer le fonctionnement d'une cité sans destruction est plus efficace qu'une émeute. Cela obligera l'administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police". On ne l'écouta pas. Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu'il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d'autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l'organisation d'une "Marche des Pauvres" de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : "Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'anéantissement nucléaire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un impératif pour l'action". Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : "On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu'à la maison".

C'est alors que, tout en préparant la "Marche des Pauvres", Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : "Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité, c'est appréciable. Mais ce n'est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regardé au-delà et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur".
Le lendemain en fin d'après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : "Bien entendu, tu joues "Seigneur, prends ma main" ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi". A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.

Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l'arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n'est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'années, la communauté noire américaine s'est mobilisée autour d'une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il réalisa que "son rêve" ne s'harmonisait pas avec la société d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson. Les textes qu'il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King "politisé" eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le "Black Power", après des débuts retentissants, s'est progressivement tu, et les "Panthères Noires" elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible...



King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner.



# Posté le lundi 31 juillet 2006 22:30

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 17:26