*** Delphine II ***

Delphine II



Delphine Nyobé naît à Paris en 1976 d'un père camerounais et d'une mère guadeloupéenne. Deux cultures d'origines plus une d'accueil. Triple difficulté pour se sentir à son aise. Elle n'est pas considérée comme une « vraie » antillaise, ni comme une « vraie » africaine. Quand elle dit qu'elle est française, on lui demande immédiatement ses origines ! Ce dont elle est sûre dans ces moments-là c'est qu'elle est « vraiment » perdue.
Les pathologies commençant par « O » l'attirent (otites, orthophonie, ¼dipe...)

C'est une enfant repliée sur elle et perpétuellement malade. Ses parents déménagent alors pour un cadre plus bucolique : la Seine et Marne afin de la maintenir en vie au-delà de l'enfance.

Adolescence au milieu des champs de colza. Quand elle n'est pas à l'école, elle lit beaucoup et s'éclate comme une folle dans son monde imaginaire.

Elle s'intéresse au théâtre classique mais se décourage vite... En classe de seconde, elle se rend pour la première fois à la Comédie Française. Même en faisant appel à son imagination débordante, elle n'arrive pas à se voir sur scène. Elle manque de référents dans ce domaine.

Baccalauréat littéraire en poche. Delphine commence logiquement des études de communication et de sciences du langage.

Un cursus qui ne lui sert à rien sauf si elle avait voulu être prof d'université ou orthophoniste. Delphine ne sait pas ce qu'elle veut alors elle va jusqu'à la maîtrise.

Elle commence à travailler dans les nouvelles technologies comme commerciale. Là, elle se rend compte qu'elle n'est pas une employée comme les autres. Beaucoup sont contents d'avoir un travail gratifiant. Delphine a l'impression d'être un numéro dans un troupeau. Elle développe alors un regard acide voire décalé sur le monde de l'entreprise. Les années 2000 voient sa vie professionnelle décoller puis s'écraser lamentablement en 2001.

La découverte du slam en France cette même année lui permet de ne pas se couper les veines. Elle dit ses peines, ses peurs, ses coups de gueule. Des gens écoutent et ça lui fait du bien.

Au chômage, elle prend des cours de théâtre via le TAN (théâtre de l'Air Nouveau) pour le plaisir (cours dispensés par Luc Saint-Eloi). En se perdant socialement, elle trouve enfin Delphine II. Puis c'est la rencontre de sa future metteur en scène Carlotta Nevscki dont elle suivra les cours de 2003 à 2004. Delphine II obtient son premier rôle au cinéma. Elle donnera la réplique à Alexandra Lamy dans le film « Au suivant » de Jeanne Biras.

En 2005, la troupe Comic Street se forme. Après des débuts enthousiasmants au Réservoir. Ils sévissent dès janvier 2006 au mythique théâtre du Spendid. Et pourquoi ne pas mélanger le slam et la comédie dans un spectacle original et délirant ? La première du One-Woman qui Slam :
« Chuis la seule ou quoi ? » se joue le 25 juillet 2005 au Réservoir.


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*** Interview ***


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Propos recueillis par Anna-Alix Koffi

La poésie démocratisée. Le slam est un moyen d'expression artistique qui a résolument le vent en poupe en France. Modèle du genre, Delphine II présente « Chuis la seule ou quoi ?! », le premier One woman show mélangeant slam et comédie. Originaire de la Guadeloupe et du Cameroun, Delphine Nyobé, 28 ans, est née à Paris (18ème). Titulaire d'une Maîtrise de sciences du langage obtenue à la Sorbonne, elle a ensuite passé le concours de l'IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) avant de se consacrer au slam et à la scène.


Afrik.com : Delphine II... vous venez d'un dynastie de slammeurs ?
Delphine II : (rires) Non, c'est le nom de mon père ! Nyobé II, l'Etat Civil m'a spoliée d'une partie de mon patronyme alors je le reprends à la scène !

Afrik.com : Votre éloquence est-elle naturelle ?
Delphine II : Pas vraiment. C'est difficile à croire quand on voit à quel point je suis bavarde aujourd'hui, mais j'étais proche de l'autisme, à l'étape de l'acquisition du langage. Je n'arrivais pas à communiquer, alors j'ai développé une sorte de langage avec ma s½ur aînée qui était la seule à pouvoir me comprendre. J'ai suivi une rééducation avec un orthophoniste entre 5 et 8 ans. Cela m'a beaucoup marquée. J'ai ensuite voulu devenir moi-même orthophoniste. Comme pour fermer le cercle. J'ai donc eu une Maîtrise de sciences de langage à la Sorbonne Nouvelle, mais je n'ai pas passé le concours.

Afrik.com : Une vraie scientifique de la parole, un atout pour le slam, comme pour la comédie. Une sorte de thérapie ?
Delphine II : On peut dire que le slam et la comédie sont une revanche sur les problèmes d'élocution que j'ai connu enfant. Une revanche parce qu'on prend plaisir à dire ses idées et à être écoutée. J'ai pris plusieurs chemins avant d'y arriver. J'ai découvert le slam en 2001 avec le film « Slam » avec Saul Williams (slammeur américain internationalement connu, ndlr). Ça a été une véritable claque. J'ai découvert des scènes de slam à Paris dont celle du collectif 129 H. J'ai vu ces gens qui se mettaient à nu. J'ai été contaminée et j'ai très vite posé mes textes. Quand quelque chose me passionne, j'essaie de le faire du mieux que je peux. Au départ c'était comme des bulles d'air qui me permettaient de casser la routine du boulot (cadre commerciale nldr). Ensuite j'ai été licenciée économique, ce fut une période assez difficile, c'est le slam qui m'a remis le pied à l'étrier. C'est est apparu comme une alternative. J'ai alors fait beaucoup de théâtre avec le dramaturge antillais Luc Saint Eloi. On a monté une troupe qui s'appelait « Chant d'encre », dont le spectacle était sur le génocide du Rwanda. C'était une belle expérience d'écrire une pièce à plusieurs mains. J'ai ensuite suivi des cours à l'école de one man show du Théâtre de la main d'or à Paris, l'école de Dieudonné. En commençant à gagner mes premiers tournois de slam et à avoir des retours enthousiasmants, je me suis dit pourquoi ne pas proposer un produit fini qui mélangerait le slam et le théâtre. Et ce produit j'ai tenu à le travailler à un niveau suffisant pour pouvoir en vivre, quitte à prendre tous les risques possibles. C'est ce que j'ai fait.

Afrik.com : Vous êtes passée par le théâtre de la Main d'or, partagez-vous les idées de Dieudonné, propriétaire des lieux ?
Delphine II : Je dissocie vraiment le comédien de l'homme politique qui se met en scène. Je n'ai rien à dire par rapport à l'homme politique, parce que ça ne m'intéresse pas. Il a ses idées, qui ne sont pas forcément les miennes. Il a le droit de s'exprimer, mais je pense que dans ce métier là, il est très important d'être précis et de savoir quelle casquette on porte à quel moment. Côté professionnel, Dieudonné est pour moi le meilleur comédien en One man show depuis Coluche. J'ai suivi ses cours par rapport à ce qu'il donnait dans ses spectacles et à par rapport à son écriture très acide, qui me fait penser à la manière dont j'écris. C'est l'homme qui m'a donné envie de passer sur scène.

Afrik.com : Y a-t-il une différence d'écriture entre le slam et la comédie ?
Delphine II : Quand j'ai commencé à slamer j'écrivais avec beaucoup d'humour certains slams, mais comme j'ai appris à écrire au format sketchs je garde cela pour la partie théâtre. Je cherche aujourd'hui dans mon slam à trouver un rythme, quelque chose que je puisse après mettre en musique, car il n'est pas exclu que je sorte quelque chose avec une bande son ou un musicien. Dans mon One woman show qui slam j'ai voulu mélanger ces deux domaines que j'adore à savoir le slam et la comédie. A l'école du théâtre de la Main d'or on nous a expliqué qu'il n'existait pas, actuellement, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, de comédiens slameurs. J'avais ces deux choses en moi et je me suis dit que ça pouvait être intéressant de monter un spectacle homogène avec des deux axes. C'est un peu une alternative à tout ce qui peut se faire à l'heure actuelle.

Afrik.com : Qu'est ce que vous écrivez au niveau du slam ?
Delphine II : Je m'inspire des thèmes de ma vie quotidienne. Je ne veux pas particulièrement défendre la cause des Noirs, mais je parle de ma condition de femme qui est effectivement noire. Les choses sont parfois dites avec rage, mais moi j'essai juste de faire un constat.

Afrik.com : Quel est votre texte le plus fort ?
Delphine II : Le texte le plus fort que l'on connaisse de moi s'appelle « Coups leurres » et aborde le thème de l'égalité. Il a été créé en 2003 dans le cadre d'un spectacle qui s'appelait Slam opéra. C'est un texte qui est en règle général très apprécié des Noirs mais qui peut susciter la polémique. Notamment avec les Blancs qui ne sont pas à l'aise avec l'autre. Ce texte c'est mes tripes, je l'ai inclus dans mon spectacle après un sketch sur mes cheveux.

Afrik.com : Quelles sont vos attaches avec l'Afrique ?
Delphine II : Elles sont multiples et d'autant plus passionnées que je n'y suis encore jamais allée. C'est un projet auquel je tiens, ça fait partie des dernières blessures qu'il faut je cautérise et rapidement. Je n'envisage pas de faire un enfant tant je n'y aurais pas mis les pieds. Pour accoucher, il faut que ce pied virtuel que je me suis construit par mes connaissances devienne concret. J'ai l'impression que mon enfant ne sera pas entier sinon. J'ai une connaissance virtuelle de l'Afrique mais je n'en ai pas une image d'Epinal, je sais que je peux me prendre une gigantesque claque, surtout au Cameroun. Certaines personnes en sont revenues émerveillées, d'autres dégoûtées parce qu'elles trouvaient le pays trop corrompu. Moi je prends ce retour au pays plus comme un pèlerinage, comme un travail sur moi que comme un voyage de villégiature. Je me suis documentée toute seule pour connaître mon histoire. Ce n'est pas avec « Nos ancêtres les Gaulois » que j'ai appris gamine que j'allais la connaître. Ma plus grande fierté est d'avoir eu un nom africain (Nyobé). Je me suis déjà frottée à mes amis Antillais sur cette question (Rires). Ma mère a gardé ce nom après son divorce. Guadeloupéenne, elle s'appelle Docteur parce que mon arrière grand-mère était au service du docteur du coin. Quand on lit Le 4è siècle de Glissant [1] et qu'on voit comment ils ont donné les noms aux anciens esclaves.... On comprend pourquoi Malcom X a pété les plombs ! Je suis fière de mes origines africaines pour ça.

Afrik.com : Pour en venir au One woman show, « Chuis la seule ou quoi ? » pourquoi ce titre ?
Delphine II : Chuis la seule ou quoi à avoir des idées pareilles ? (rires) Ce sont tous les personnages qui me sortent de la tête. En fonction des retours des premiers sketchs souvent. Il y a, par exemple, pas mal de questions sur mes cheveux qui peuvent paraître bizarre pour ceux qui ne savent pas que les cheveux de Noirs sont comme ça au naturel. Même les Noirs me demandent « qu'est ce que tu leur fais ? ». Rien justement, je suis l'une des seules à ne rien leur faire. Chuis la seule ou quoi à vouloir cette coupe là, à avoir cette vision sur les relations hommes femmes...

Afrik.com : Comment avez-vous écrit votre spectacle ?
Delphine II : Je l'ai construit autour des rapports hommes femmes, sur l'amour et un sous thème sur ces émissions racoleuses où la personne est déjà au bout du rouleau et ils la finissent pratiquement en direct (rires). J'ai essayé de regrouper tout et il y des niveaux de compréhension en fonction du vécu de chacun. J'ai une vision assez optimiste de l'amour. Je pense que nous nous enfermons beaucoup trop avec nos idées reçues. Je pense que ça bloque à travers la religion et l'éducation. Il y a plein de blocages qu'on nous inculque comme ça. Surtout pour les nanas, c'est très dur pour nous. Je ne veux surtout pas juger ou me poser en censeur, je veux dire mes vérités, les gens adhèrent ou n'adhèrent pas. L'avantage de ce spectacle, pour la partie comique, c'est de dire mes idées avec le rire et le décalage. Pour la partie slam, c'est beaucoup plus brut, beaucoup plus incisif. Je pense que c'est cohérent. Je travaille avec un musicien : Frédéric Alice Orphéus. Il a fait une monstrueuse école de jazz aux Etats-Unis avec Herbie Hanckok comme professeur. Il joue de la guitare, du violon alto, ça ajoute de la douceur. Puisque je suis un peu acide, Frédéric a cette petite touche qui donne un spectacle cohérent et poétique surtout. Faire un simple assemblage de sketches, ce n'était pas mon délire.

source : Afrik.com

# Posté le dimanche 30 juillet 2006 16:06

Modifié le dimanche 26 novembre 2006 20:43

*** Zap Mama ***

*** Zap Mama ***
Zap Mama

Groupe créé en 1990 sous l'impulsion de Marie Daulne, une Belge d'origine congolaise, les Zap Mama collectionnent les succès. Leur musique, mélange de soul, de gospel et de rythmes afro-cubain, transcende et supplante les frontières.

Les Zap Mama ou l'histoire d'une ascension fulgurante. Fondé en 1990 par Marie Daulne, Zap Mama regroupe cinq jeunes filles aux voix exquises et envoûtantes.

Marie Daulne est née au Zaïre d'un père belge et d'une mère zaïroise. Ce métissage anime toutes ses créations musicales.

Le premier album des Zap Mama, chanté « a capella » et intitulé tout simplement "Zap Mama", sort l'année suivante. C'est la révélation. Les maisons de disques s'arrachent ces graines de stars et l'album sort dans une vingtaine de pays. De Berlin à New York en passant par Sydney, la tournée rencontre un succès phénoménal.

A la fin de l'année 1993, Zap Mama figurent en tête des meilleures ventes de CD de "world music". Marie Daulne refuse de se laisser enfermer dans un style ou une discipline et reste influencée par toutes les cultures.

L'année suivante sort "Sabsylma" le deuxième album, un mélange hybride de musiques indiennes, marocaines et australiennes. Durant deux ans, Marie Daulne bourlingue à travers le monde. Lorsqu'elle revient à Bruxelles, elle a en tête son prochain album, "Seven". De nouveaux musiciens rejoignent le groupe et les morceaux s'enrichissent de sonorités encore inexplorées. Zap Mama réussit ainsi à toucher un nouveau public de plus en plus large.

A l'automne 1998, le groupe entame une tournée africaine. Marie Daulne en revient avec les fondements du quatrième album de Zap Mama: "A ma zone", sorti en 2000.

Nouveau tournant dans sa carrière, la fondatrice s'est depuis installée aux Etats-Unis. Inventif, le groupe ne cesse d'élargir ses horizons musicaux, pour le plaisir des fans toujours plus nombreux à travers le monde.

# Posté le dimanche 16 juillet 2006 15:35

Modifié le samedi 19 janvier 2008 18:02

*** Bezemymailan ***

BEZEMYMAILAN


« Quand les danseuses de Mai Lan et Bezem défilent dans les rues de Barbès,
les mamas africaines et les marchands à la sauvette
se rassemblent pour les admirer.
Ils applaudissent en disant :
C'est nos filles, elles sont belles. »

Vogue



Créatrices de Costumes

Mai Lan et Bezem sont deux créatrices de 23 ans, l'une franco-vietnamienne, l'autre russo-togolaise qui se consacrent à la conception et à la réalisation de costumes à très forte influence ethnique. Elevées au sein même de leurs cultures respectives, elles effectuent un énorme travail de recherche complété par des voyages et des stages afin d'intégrer au maximum les techniques traditionnelles des artisans asiatiques et africains (broderie, tissage, teinture, peinture, sérigraphie).
Elles débutent en autodidactes leurs créations tout en fréquentant l'université (histoire de l'art et vietnamien) puis suivent une formation de costume historique, le DMA costumier/réalisateur (Diplôme des Métiers d'Arts).
Ces années d'études leur permettent d'intégrer en professionnelles le milieu du spectacle, elles participent à de nombreux projets : conception et réalisation de costumes pour long-métrages, théâtre, carnaval, danse... et ont l'occasion de présenter leur collection lors de plusieurs évènements jeunes créateurs comme le concours des « Trophées de la mode » (jury : l'Oréal, Hermès, Xuly Bët, Galeries Lafayette) où elles remportent le premier prix. Elles obtiennent ainsi un soutien de la maison Hermès.
Nourries de toutes ces expériences, Mai Lan et Bezem inventent un univers festif, original et coloré qu`elles concrétisent par une série d'évènements réunissant autour de leur défilé-spectacle plusieurs artistes dont le travail est basé sur les mêmes inspirations.
Leur objectif est d`associer le savoir-faire ancestral à la modernité.
Vivant au sein d'une société cosmopolite, Mai Lan et Bezem suscitent auprès des jeunes européens un intérêt pour leurs origines et leurs racines.


source : Bezemymailan

# Posté le dimanche 16 juillet 2006 15:25

Modifié le samedi 19 janvier 2008 18:05

:: Marcus Garvey ::

:: Marcus Garvey ::

"One Aim, One God, One Destiny"


Né en Jamaïque en 1887, Marcus Garvey émigra aux Etats-Unis en 1916 et, l'année suivante, il fonda l'Association universelle pour l'amélioration de la condition noire (Universal Negro Improvement Association, UNIA, toujours en activité). Sous son impulsion, cette organisation devint le principal défenseur de " la rédemption par le rapatriement" (redemption trough repatriation), avec la bénédiction du Ku Klux Klan. La classe moyenne noire et les libéraux blancs étaient effrayés par de telles positions, pensant que la solution des problèmes raciaux reposait sur la cohabitation intelligente des différentes communautés. Le Klan, en revanche, approuvait tout à fait cette purification ethnique par un départ volontaire. Pour aider le mouvement, le Klan alla jusqu'à participer à certains meetings de l'UNIA, à l'invite de son leader. Très actif, Marcus Garvey créa son propre journal, The Negro World, à New York. Le slogan nationaliste de Garvey "One Aim, One God, One Destiny" en devint la devise.

En 1919, Marcus Garvey créé la Black Star Line, compagnie maritime censée servir le projet de rapatriement. Il fit la tournée du pays à la façon d'un monarque pour promouvoir son initiative et recueillir des investissements. A New York, il descend les rues de Manhattan à bord d'une Limousine, suivi par 250 000 adeptes. Les autorités fédérales commencent à s'intéresser à lui. En 1922, après la banqueroute de la Black Star Line, Garvey et trois de ses associés sont poursuivis par les tribunaux. Accusé de fraude postale, il reste en liberté surveillée jusqu'en 1925. Sa condamnation est alors confirmée. Il est emprisonné au pénitencier fédéral d'Atlanta. Le président Collidge commuta sa sentence en 1927 et Garvey fut envoyé en exil en Jamaïque. Il ne reste de ses projets que des paroles de chansons, Culture et quelques autres n'ayant pas renoncé au voyage :


" They took us away from our homeland
And we are slaving down here in Babylon
They are waiting for an opportunity
For the Black Starliner which is to come "


Culture, Black Starliner (Trust me, Jahmin' Records, 1997)


Les Jamaïcains écoutent avec enthousiasme les meetings de Garvey, organisés dans les mois qui suivent son retour. La vie politique de l'île s'en trouve bouleversée. Il est vrai que Marcus Garvey peut compter sur le soutien d'un autre activiste, son ami Leonard Percival Howell, avec lequel il a noué des liens lors de son séjour à New York.

En dépit de cette ambiance sympathique et animée, Garvey se trouvait à l'étroit et, en 1935, il part pour l'Angleterre. De là, il surveille la régression internationale de son mouvement. Il meurt en Angleterre en 1940.


Avant de partir pour l'Angleterre, Marcus Garvey prononça à Kingston un discours qui marqua le lancement du mouvement Rasta. Dans une église de la capitale, un dimanche de 1927, il eut ces mots :


" Look to Africa, where a black king shall be crowned "
" Regardez vers l'Afrique, où un roi noir doit être couronné "


En novembre 1930 le Daily Gleaner, journal populaire de Kingston, rapporta en première page qu'un chef tribal méconnu, Ras Tafari Mekonnen, avait été couronné sous le nom de Heile Selassie I (le nom signifie " Pouvoir de la Sainte Trinité "). Les Rastas y voient un accomplissement de la prophétie de Garvey. Pour s'en assurer, ils cherchent dans la Bible une confirmation de la nature divine des événements, dans la tradition du revivalisme. Ainsi, ils trouvent un passage qui confirme le mythe, au paragraphe 5:5 de la Revelation :

" Then one of the Elders said to me, 'weep not ; lo, the lion of the tribe of Judah, the Root of David, has conquered, so that he can open the scroll and its seven seals "

# Posté le mercredi 12 juillet 2006 22:27

Modifié le samedi 19 janvier 2008 18:18

:: Haïlé Sélassié, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs ::

:: Haïlé Sélassié, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs ::

Haïlé Sélassié


Descendant, de la reine de Saba et du roi Salomon, dont il est le deux cent vingt-cinquième successeur, l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassié Ier (ou Haïla Sellassié) est à la tête de la plus ancienne dynastie du monde. Son titre complet est

Négus («roi des rois»), lion de Juda, défenseur de la foi chrétienne, force de la Trinité, élu de Dieu.

Fils du Ras Makonnen, il a reçu pour nom à sa naissance celui de Ras Tafarí Makonnen (Tafarí : Celui qui est redouté) ; il est, en outre, le neveu de l'empereur Ménélik II, qui, au cours de son règne, commencé en 1889 et achevé à sa mort en 1913, accomplit les premiers pas vers la création d'un État unifié et moderne.


Très tôt, le futur empereur s'initie aux responsabilités du pouvoir. Il a treize ans, en 1905, lorsque son oncle lui confie le gouvernement de la province du Gura Muleta. Sa volonté de fer, sa passion pour l'étude (il a été élève des missionnaires français) l'aident à surmonter les difficultés que lui suscite son cousin Lij Yassou ; celui-ci, héritier présomptif, complote avec l'Allemagne contre le pouvoir central. Mais il est bientôt écarté : en septembre 1916, c'est le ras Tafarí qui devient prince héritier. Il aide l'impératrice Zaouditou, sa tante, à administrer le pays (qu'on appelait alors plutôt l'Abyssinie). Considérant que «l'Éthiopie a reçu l'évangile du Christ en même temps que les nations d'Occident», le prince héritier plaide à Genève, en 1923, la cause de son pays. Il y déclare que, «si les hasards de la géographie et de l'histoire l'ont isolé du monde occidental pendant des siècles, il est cependant sensible à ses valeurs et entend remplir les mêmes devoirs à l'égard de la communauté internationale». Il obtient ainsi l'admission de l'Éthiopie à la Société des Nations et décide d'y abolir l'esclavage.



Proclamé Négus, en octobre 1928, sous le nom de Hailé Sélassié (force de la Trinité), il est couronné empereur à la mort de l'impératrice, le 2 novembre 1930, date devenue, depuis lors, jour de fête nationale. Il donne peu après au pays sa première Constitution écrite ; cette modernisation des institutions s'effectue toutefois avec prudence. Il n'hésite pas à solliciter, au fil des années, l'appui technique et financier de l'étranger. Lorsqu'en octobre 1935 le gouvernement de Mussolini décide d'envahir l'Éthiopie à partir de l'Érythrée et de la Somalie, l'empereur oppose une héroïque résistance à la tête de ses troupes. Mais il est desservi par un armement inférieur et la collaboration de certains seigneurs avec les Italiens. Il décide alors, en accord avec le Conseil des ministres et après avoir nommé un vice-roi (le ras Imrou), de s'expatrier ; en mai 1936, il se retire à Bath, en Grande-Bretagne. La même année, le 28 juin, il lance le fameux appel à la sécurité collective depuis la tribune de la S.D.N. à Genève, appel qui ne sera pas entendu (les sanctions contre l'Italie seront levées). Il entreprend quelques années plus tard la libération de l'Éthiopie : après avoir rallié les Éthiopiens réfugiés au Kenya et au Soudan, il vient à Khartoum en juillet 1940 (l'Italie vient de déclarer la guerre aux Alliés) et assure la liaison entre ses troupes et l'armée anglaise ; le 5 mai 1941, il fait une entrée triomphale dans sa capitale libérée par les brigades anglo-indiennes avec l'appui des Forces françaises libres.


Dans son pays recouvré, Hailé Sélassié trouve tout à reconstruire, alors que l'élite éthiopienne a été décimée par l'occupation. Poursuivant inlassablement la mission qu'il s'était assignée alors qu'il était jeune prince, il entreprend de nombreux voyages à l'étranger. Devenu la figure de proue des pays opprimés, puis du Tiers Monde et de l'Afrique en particulier (l'Organisation de l'unité africaine créée en 1963, sur son initiative, a son siège à Addis-Abeba), Hailé Sélassié travaille sans relâche à parfaire et à affermir l'unité de l'Éthiopie (incorporation de l'Érythrée, consécutive à un vote unanime du Parlement de ce pays en novembre 1962 ; visées pacifiques sur le Territoire français des Afars et des Issas). Mais il a encore à faire face à de nombreuses difficultés.

Si sa photographie et son nom sont partout dans le pays, si, même aux yeux de ses adversaires, il a conservé un grand prestige, l'empereur doit lutter contre l'aristocratie et le clergé pour leur faire accepter des innovations qui répugnent à leurs habitudes. Il réussit, certes, à centraliser entre ses mains le pouvoir, mais les propriétaires fonciers (dont il est matériellement solidaire) et l'Église restent les principaux obstacles aux initiatives de réforme qu'à son grand âge il pourrait encore décider.



L'unité éthiopienne se trouve menacée par le Front de libération de l'Érythrée, qui dispute depuis 1961 la souveraineté à l'empereur. Celui-ci n'est certes pas prêt de renoncer à cette province du littoral, seule porte dont l'Éthiopie dispose pour ses échanges avec le monde extérieur. En dépit de toutes ces difficultés, Hailé Sélassié, dont le prestige international reste grand, s'est estimé capable, bien qu'octogénaire, de tenir encore longtemps la barre de son pays.


En septembre 1974, l'empereur est destitué par des soldats et des sous-officiers. Il est assassiné par les rebelles le 27 août 1975.



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Les grandes dates de la vie d'Hailé Sélassié :


L'empereur Hailé Sélassié qui sera enterré publiquement dimanche à Addis Abeba est né le 23 juillet 1892 à Egersa Jarso (Harar - est de l'Ethiopie)
21 septembre 1916 - Ras Tafari Makonnen devient régent et héritier du trône
7 octobre 1928 - Ras Tafari est nommé Négus (Roi)
2 novembre 1930 - Tafari couronné roi des rois (empereur) prend le nom d'Hailé Sélassié
3 octobre 1935 - Début de l'invasion italienne
Mai 1936 - Exil d'Hailé Sélassié en Angleterre
20 janvier 1941 - Retour de l'empereur en Ethiopie
5 mai 1941 - Retour à Addis Abeba
19 mai - Capitulation italienne
19 décembre 1944 - L'Ethiopie reprend les attributs d'un Etat souverain
10 juillet 1951 - Vote de la constitution fédérant l'Erythrée et l'Ethiopie
14 décembre 1960 - Tentative de putsch du général Mengistu Neway
14 novembre 1962 - L'Erythrée devient province éthiopienne
25 mai 1963 - Signature de la charte de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) à Addis Abeba
mars 1964 - Début de l'irrédentisme érythréen
3 mars 1969 - Fermeture de l'université après des troubles étudiants
26 décembre 1970 - Etat d'urgence décrété en Erythrée
1973 - Famine
18 fevrier 1974 - Grève des étudiants et des enseignants
26 février - Début du soulèvement militaire
7-11 mars - Grève générale
5 mai - Dernier discours public de l'empereur
23 juillet - Dernière apparition publique de l'empereur pour son anniversaire
12 septembre - Le Comité militaire d'administration provisoire (DERG) dirigé par Mengistu Hailé Mariam dépose Hailé Sélassié et institue la loi martiale
17 mars 1975 - Abolition de la monarchie
27 août - mort d'Hailé Sélassié



Voir : LE NEGUS HAILE SELASSIE I, FIGURE HISTORIQUE AFRICAINE, REPOSE EN ETHIOPIE

# Posté le mercredi 12 juillet 2006 22:10

Modifié le samedi 19 janvier 2008 18:25